La télémédecine, un réel progrès, si et seulement si… | CISS – Collectif Interassociatif Sur la Santé

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Les industriels se disent prêts au grand déploiement d’une médecine « numérique » favorisant la prise en charge des patients à domicile. Ces avancées technologiques transformeront bien des habitus. Avec l’avènement de la télémédecine, les patients devront pouvoir accéder à de nouveaux services, notamment destinés à rompre leur isolement à domicile et à limiter les déplacements vers les structures de soins parfois lointaines.

Pour les professionnels de santé, le développement de la télémédecine offre la possibilité technique de travailler de manière confraternelle et « transfrontalière ».

A condition de mobiliser les ressources nécessaires au développement de la télémédecine, la collectivité pourrait opérer un retour sur investissements à moyen terme : accroissement de l’ambulatoire, prise en charge de nombreuses pathologies à domicile, limitation des examens redondants et levier pour l’emploi.

Toutefois, le développement des systèmes d’information ne rendra service aux usagers qu’à certaines conditions :

  • Le respect de l’autonomie et de l’indépendance de la personne doit être garanti : l’installation des outils numériques à domicile doit être choisie et consentie par le patient, les médias ne doivent être ni intrusifs ni envahissants et la  « télésurveillance » ne doit pouvoir permettre ni de contrôler ni de sanctionner les conduites individuelles.
  • Les nouvelles technologies doivent se répandre dans le respect de l’égalité : ces technologies doit être universellement accessibles, en aucun cas un facteur d’exclusion.
  • Le nivellement de la qualité de la relation soignant /soigné par le haut doit être le but recherché par les nouvelles technologies. La généralisation du numérique en santé ne doit pas déshumaniser la relation entre le médecin et son patient. L’informatisation ne doit pas exclure le patient mais au contraire l’impliquer davantage dans le contrat médical.