Médecine de ville : l'addition !
21 avril 2010
Les médecins généralistes viennent donc d’obtenir l’augmentation du tarif de la consultation qui passe de 22 à 23 €. Soit un coût pour l’Assurance maladie de 250 millions d'euros en année pleine. Pourquoi pas, on le leur avait promis… C’est la méthode qui embarrasse.
Car faisons nos comptes.
Depuis fin 2009, on prend dans la poche des patients hospitalisés 2 € d’augmentation du forfait journalier, soit 160 millions d'euros. Ajoutons à cela, qu’on prend aussi dans la poche des patients 145 millions d'euros au titre des nouvelles baisses de remboursement de médicaments, qui plus est en ciblant maintenant des médicaments pourtant indispensables à beaucoup de personnes. Soit, au total, 305 millions d'euros.
L'organisation du système de santé continue d’être une affaire de vases communicants : prendre dans la poche des patients en 2009 pour continuer à nourrir en 2010 un système auquel on ne demande aucun effort ! Car ne nous y trompons pas, ce n’est pas avec un euro de plus que l’on va séduire les médecins pour s’installer dans les zones qu’ils ont déserté. Et, en compensation de cette hausse, aucune garantie de meilleure répartition de leur offre ne leur a été demandée.
Où allons-nous ? Vers le zonage de l’offre : d’un côté des Français qui pourront disposer de médecins là où ces derniers s’installent et de l’autre (campagnes, banlieues, et autres…) des Français se verront doter d’un poste de télémédecine, avec une infirmière ou un officier de santé pour les plus méritants ! Drôle de vision de l’égalité d’accès aux soins...
C’est une toute autre politique qu’il faut initier. Elle doit reposer sur trois piliers :
- L’équitable répartition des efforts de sauvetage de l’assurance maladie entre les consommateurs et les producteurs de soins.
- La diversification des rémunérations entre paiement à l’acte, forfait et performance.
- La recherche de règles garantissant la répartition équitable de l’offre médicale de façon à ce que chacun puisse disposer de soins de qualité en proximité.
Le CISS n’est pas opposé à la juste rémunération des médecins mais il estime que la santé relève avant tout d’une obligation de service public qui ne peut ni ne doit échapper au principe d’égalité d’accès aux soins figurant dans la Constitution comme dans de nombreuses lois françaises.
Contact presse :
Marc Paris – Responsable communication – Tél. : 01 40 56 94 42 / 06 18 13 66 95
A télécharger :
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