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Conciliation sur la vaccination : une recommandation de compromis

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30 novembre 2016

Conciliation sur la vaccination : une recommandation de compromis


La recommandation retenue par le Comité d'orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination - présidé par le Pr Alain Fischer et Claude Rambaud et dont le rapport a été rendu public ce mercredi 30 novembre - répond à l’impératif de santé publique comme à la volonté d’autonomisation du choix revendiquée par les usagers/citoyens.


Le contexte français rend particulièrement risquée la levée immédiate de toute obligation vaccinale : les projections indiquent qu’elle aurait de grandes chances de se traduire par une baisse dangereuse de la couverture vaccinale à des niveaux qui pourraient voir se développer des foyers épidémiques graves. Tout en préservant cet objectif à terme d’une levée générale de l’obligation vaccinale, la voie étant apparue comme la plus cohérente à une majorité de membres du comité consultatif consiste à passer par une étape intermédiaire pendant laquelle l’obligation sera maintenue, et même étendue aux principales vaccinations aujourd’hui recommandées… mais en permettant à ceux qui le souhaitent, de façon assumée et transparente, de s’opposer individuellement à cette obligation pour leur(s) enfant(s).

 

Face à une question où l’on doit réussir à concilier choix individuel et enjeu collectif, il n’y a jamais de solution idéale. La méthodologie utilisée pour mettre à plat l’encadrement des pratiques vaccinales en France et cette recommandation à laquelle elle a abouti offrent différents avantages :

 

  • Cela nous a montré que les attentes de nos concitoyens sont très partagées entre souhait de voir l’obligation vaccinale levée ou maintenue.
  • Cela a souligné que le contexte actuel ne paraît pas le plus approprié pour un retournement radical des pratiques alors que l’hésitation vaccinale est particulièrement élevée dans un environnement polémique qui ne favorise pas une prise de décision sereine, tant individuellement que collectivement.
  • Cela permet d’appeler à la poursuite des recherches en matière de vaccination, qu’il s’agisse d’investiguer ses effets bénéfiques comme ses effets néfastes sur la santé du point de vue de l’individu comme de celui du groupe.
  • Cela permet en parallèle de demander que soit mise en œuvre une nette amélioration du niveau d’information des publics (grand public, mais aussi professionnels de santé) sur les tenants et aboutissants de la vaccination, sans en nier les possibles effets indésirables mais en cherchant à rétablir la confiance collective vis-à-vis de cette pratique médicale existant depuis près de 100 ans et qui nous a permis de faire un bond qualitatif colossal sur de nombreuses causes de mortalité liées aux maladies infectieuses.
  • Cela apporte les garanties, en l’état actuel, du maintien d’une couverture vaccinale suffisante pour réduire le risque d’une grave crise sanitaire.
  • Cela ouvre la voie vers l’autonomisation du choix des patients / usagers / citoyens en leur laissant la possibilité de contourner l’obligation vaccinale sans avoir à le faire de façon dissimulée et non traçable, dans l’intérêt des enfants concernés, de leurs parents et des professionnels de santé qui les accompagnent.
  • Cela permet de dépasser la distinction ambigüe et pernicieuse entre vaccination obligatoire et vaccination recommandée. Toutes les vaccinations prévues pour les enfants s’inscrivent dans le même cadre reposant à priori sur une obligation, avec la possibilité de la contourner en cas de refus convaincu et assumé des parents.
  • Cela oblige à ce que soit réévalué, à moyen terme, c’est-à-dire d’ici 2 à 3 ans, le cadre de la politique vaccinale française en fonction de l’évolution des pratiques et représentations en la matière.

 

Par ailleurs, la mise en œuvre de cette recommandation devra s’accompagner de la prise en charge à 100% par l’assurance maladie obligatoire du coût d’achat des vaccins, ainsi que de la possibilité de recourir à un régime d’indemnisation pour les personnes qui souffriraient d’effets indésirables graves liés aux vaccinations obligatoires.


Dossier de presse - Concertation citoyenne sur la vaccination, 30 novembre 2016