La contraception, toujours difficile d’accès dans le département de l’Oise. Le Planning familial tire la sonnette d’alarme. | CISS – Collectif Interassociatif Sur la Santé

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Lors d’un colloque organisé la semaine dernière autour du thème de l’accès à la contraception, le Planning familial a fait plusieurs constats, désespérants…

Plusieurs difficultés sont mises en évidence :

L’accès géographique

« Dans les zones rurales, il est beaucoup plus difficile d’aller voir un gynécologue ou d’accéder à un centre de planification, explique la coprésidente du Planning familial 60, Nelly Cochet. Tout le monde peut accéder à la contraception. Mais pas toutes de la même manière. »

Conséquence : les jeunes femmes sont de moins en moins nombreuses à prendre la pilule. Et quand elle est prise, ce n’est pas toujours dans de bonnes conditions.

« Contrairement aux idées reçues, aller chez son médecin de famille pour parler contraception, ce n’est pas simple. Et elles ne savent pas où aller pour se renseigner », regrette la responsable.

A contrario, elles sont de plus en plus nombreuses à prendre la pilule du lendemain : selon l’Observatoire régional de santé, 26,3% des Oisiennes âgées de 15 à 34 ans ont déjà eu recours à la pilule d’urgence, dont 4,8% plusieurs fois. Et ce dernier chiffre progresse. « On se rend compte qu’elles ont une méconnaissance totale de leur corps et de la contraception. Et le constat est le même chez les hommes », assure Laurence Pignard, du centre d’information et de dépistage des infections sexuellement transmissibles.

Le coût de  la contraception

Dans un département de plus en plus touché par la précarité, le coût de la contraception reste un frein.

« 33% des étudiants picards qui ne prennent pas de contraceptifs avancent des raisons financières », révèle Julien Ballaire, administrateur délégué en charge de la prévention à la LMDE (mutuelle étudiante) Picardie.

Bon à savoir 

La loi [1] garantit le secret de la délivrance et de la prise en charge des contraceptifs pour les jeunes filles mineures.

Elle instaure aussi pour les jeunes filles mineures âgées d’au moins 15 ans :

– le tiers-payant sur la part des dépenses prises en charge par l’Assurance Maladie (part obligatoire) pour les consultations et les examens biologiques nécessaires à la contraception ainsi que les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d’un contraceptif ;

– le remboursement à 100 % des contraceptifs remboursables délivrés en pharmacie, sur prescription médicale.

Avant 15 ans ? Rien de tout cela. Les jeunes filles ne bénéficient ni du tiers-payant, ni de la prise en charge à 100% de leurs contraceptifs, alors même que l’IVG est pris en charge à 100% pour toutes les femmes, quel que soit leur âge.

Rappelons que 222 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France en 2011[2]. La contraception est un droit que ni la désertification médicale ni le manque d’argent ne doivent remettre en cause. C’est, au contraire, dans les départements économiquement et socialement isolés que des actions doivent être menées, notamment pour mieux informer les jeunes, filles et garçons, et lever freins et tabous qui entravent encore trop souvent l’accès aux traitements.

Ces mesures doivent s’inscrire dans une politique de santé publique et n’ont qu’un but : réduire le nombre d’IVG, souvent traumatisants ainsi que le nombre de grossesses non désirées – notons que le Planning familial vient de lancer, face au contexte national et international actuel où le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est remis en question, une campagne d’information et de déstigmatisation de celui-ci [3].