Et si on faisait comme si les usagers n’existaient pas pour organiser les soins de ville ? | CISS – Collectif Interassociatif Sur la Santé

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Comme il est agréable d’apprendre, par voie de presse, que l’Assurance maladie et les professionnels de santé libéraux vont négocier, à partir d’aujourd’hui, la coordination des soins et la prise en charge des malades en ville sans les représentants des usagers !

On ne sait pas encore dans quel cadre juridique cet accord s’inscrira. Accord-cadre interprofessionnel (Acip) ? Dispositif relevant de l’article 45 de la LFSS 2014 [expérimentation des nouveaux modes de rémunération] ?

Selon Jean-François Rey, président de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS), « il ne s’agit pas de toucher aux métiers mais bien de créer une nouvelle mission de coopération. Une sorte de rémunération sur objectifs de coopération, versée sous forme d’acte ou de forfait. »

Permettre aux usagers d’être représentés autour de la table des négociations? Et puis quoi encore ? Qu’ils s’estiment déjà heureux de payer l’addition !

L’enjeu

Les maladies se vivent aujourd’hui de plus en plus souvent en ville, à domicile et dans les multiples lieux de soins ambulatoires que réclame leur prise en charge. Le CISS compte parmi les acteurs qui réclament que soient élaborés des outils et dispositifs de coordination des soins, d’accompagnement des patients et de prévention, organisés au plus près des besoins des personnes.

La négociation  

Une fois encore, la discussion sur la façon dont seront traitées ces questions si importantes va s’ouvrir en l’absence de représentants des usagers ce jeudi 10 avril 2014, dans le cadre d’un entre-soi – Assurance maladie / Professionnels de santé – si caractéristique de la décision en santé en France.

« Démocratie » que tu nous manques !

L’organisation des soins en France, c’est avant tout l’affaire de l’Etat et de ses agences régionales qui présentent l’intérêt de mettre toutes les parties prenantes autour de la table des négociations, y compris les représentants des usagers.

Nos responsables publics plaident, au titre de la stratégie nationale de santé, pour le renforcement de la démocratie sanitaire : c’est donc pour ne pas s’en servir, et même pour la bafouer à la première occasion !

Les Agences régionales de Santé (ARS) sont compétentes pour organiser les soins, hospitaliers et ambulatoires. Qu’attendent-elles ? Que l’Assurance maladie en fasse son affaire entre hommes (et femmes ??) de bonne compagnie au 6ème étage du bloc vitré de la Porte de Montreuil ?