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Du sport sur ordonnance, de nouvelles approches en matière de prévention… accessibles à tous ?

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04 juin 2015

Bon Point

Du sport sur ordonnance, de nouvelles approches en matière de prévention… accessibles à tous ?


La ville de Biarritz a décidé d'encourager la lutte contre la sédentarité et l'obésité en participant à un programme de sport sur ordonnance qui accompagne les patients jusqu'à leur reprise d'activité physique.

 

« Biarritz Sport Santé », qui a reçu le label « Ville Active PNNS » (« Programme National Nutrition Santé ») lance une nouvelle opération de prévention : prescrire du sport

Pour lutter contre la sédentarité et l’obésité, Biarritz lance une opération, en partenariat avec les médecins généralistes, pour inciter à prescrire du sport préventivement à toute maladie. Les médecins partenaires ont été formés pour sensibiliser les personnes en surpoids et les inciter à pratiquer une activité physique.


Les personnes repérées suivent ensuite un programme individualisé réalisé avec  un éducateur sportif. Des associations sont partenaires de ce test grandeur nature, financé pour l’heure de manière partagée entre les autorités publiques et les mutuelles. Ainsi, pour 10 €, les patients peuvent rejoindre une des neuf associations sportives qui se sont porté volontaires.


Pour les six mois d’expérimentation, le budget prévu est de 15 à 20 000 € pour 250 patients sportifs.


Cette initiative s’inspire d’un amendement au projet de loi de modernisation de notre système de santé proposé par Valérie Fourneyron et adopté par l’Assemblée nationale, visant à introduire le sport dans les ordonnances pour les patients souffrant d’affections de longue durée.


Cet amendement a pour objet de donner un cadre législatif pérenne pour le développement de ces bonnes pratiques sur l’ensemble du territoire. Il garantit que ces pratiques physiques destinées à des malades soient prescrites par un médecin et assurées par des structures labellisées dans le cadre d’un réseau animé par les agences régionales de santé et les directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale.


La ville de Strasbourg s’était, elle aussi, lancée dans une expérimentation du même type dès 2012, avec quelque 170 médecins habilités à prescrire des séances de sport.


L'idée d'une prise en charge de l'exercice physique par les pouvoirs publics, pour certaines catégories de la population, a en effet été envisagée dès 2012 par la ville de Strasbourg, pionnière en matière de mobilité durable et de « déplacements doux », qui a développé le premier réseau vélo de France et propose une prise en charge par l’Assurance maladie de l’abonnement Vélhop sur prescription médicale.


Les vertus du sport, sans cesse démontrées

« De nombreuses études ont déjà prouvé les vertus du sport pour la santé. En termes de cancer, il permet notamment de limiter les risques de développer un cancer du côlon ou du sein, notamment », indique l'Institut Curie dans son communiqué "Faire du sport : un sésame pour la bonne santé et la bonne humeur !". Il contribue également à réduire notablement le risque de récidive et aide à lutter contre les effets secondaires des traitements.


Plus largement, l'activité physique permet de maintenir un ‘poids santé’ et de limiter ou retarder l’apparition des nombreuses pathologies, notamment les maladies métaboliques ou cardiovasculaires.


Les prodigieux bienfaits du sport… pour tous ?

Les collectivités locales qui s’impliquent dans ce type d’initiatives, cherchant divers partenariats du côté des réseaux associatifs et des mutuelles ne semblent pas trouver d’écoute du côté de l’Assurance maladie.


Tout se passe comme si le sport, dont on rappelle régulièrement les innombrables vertus, présentait un « service médical » si faible qu’il ne mériterait pas une prise en charge solidaire de la part de l’Assurance maladie. Il faudrait savoir ! Si la pratique sportive est si efficace pour prévenir de nombreuses pathologies ou  certaines de leurs complications, la question de sa prise en charge  par l’Assurance maladie se pose, à l’instar de tout traitement qui prétend agir positivement sur la santé.


Sans prise en charge solidaire, le sport sur ordonnance ne bénéficiera qu’à celles et ceux pour qui le paiement régulier d’un abonnement ne pose pas de problème. Et c’est ainsi que l’on creusera encore un peu plus les inégalités de santé…